Un dîner blogueurs presque parfait

Nous avons récemment été invités par l’agence de communication d’un célèbre guide gastronomique. Le dîner était organisé dans un palace parisien afin d’échanger avec les membres du guide et de découvrir la cuisine d’un chef de renom. Une cuisine sophistiquée et technique qui correspond bien aux attentes des lecteurs du guide organisateur. Une déclinaison de 12 plats, 12 occasions de nous démontrer la richesse et la maitrise impeccable de ce chef. Cet évènement a hélas été assaisonné de déceptions. Nous avons décidé de ne citer aucun des trois acteurs : ni le guide, ni le palace, ni l’agence.

Un diner blogueur presque parfait

Pendant la visite de ce somptueux palace parisien, les organisateurs nous glissent dans les mains un petit papier qui rappelle l’ensemble des hashtags (ou mot dièse ;) ) à utiliser pour partager nos photos sur Twitter et Instagram. Hashtags que nous avions déjà reçus par mail dans l’après midi …

Nous découvrons l’une des célèbres suites de ce palace et sa vue à couper le souffle. Nous traversons les différents restaurants, les salons de massages et la magnifique piscine à disposition des clients. Il n’y a absolument rien à redire, c’est un palace qui mérite très largement sa réputation.

Une fois arrivé dans l’un des restaurants, on nous installe chacun à notre place. Un plan de table, réalisé dans les règles de l’art, nous permet de nous retrouver face à deux critiques du guide. Une bonne occasion d’en savoir plus sur eux, de comprendre leur métier, découvrir leurs parcours, leurs ambitions, etc. L’un des critiques annonce rapidement la couleur et s’accroche dès le premier plat avec trois des blogueurs présents. Il ne comprend pas que l’on puisse tenir un blog sans avoir un but lucratif. Il leur explique que ce sont alors nécessairement des nantis.

Le dîner continu, les estomacs se flattent d’assiette en assiette, les esprits se détendent de verre en verre… Forcément, les langues se délient. C’est le début d’un sport dont nous, crédules que nous sommes, ignorions l’existence : le taillage de guides gastronomiques. Les règles sont très simples, il faut réussir à citer un maximum de noms de concurrents en les accablant les uns après les autres. Un blogueur signale son entrée dans le jeu. Les camps se forment rapidement. Il ne faut surtout pas essayer de manifester son désaccord, ou alors on vous montre les crocs.

Vient ensuite l’un des moments marquants de la soirée, c’est le «Te mettre six pieds sous terre et te demander de publier un billet sur ton blog». Pour faire simple, voilà la retranscription des échanges :

Elle : «Vous avez trouvé le repas comment ?»

Les gourmands 2.0 : «Très bon, c’était vraiment délicieux du début à la fin.»

Elle : «Vous avez l’habitude de manger à ce type de table ?»

Les gourmands 2.0 : «Nous avons de temps en temps la chance de nous rendre dans de grands restaurants, d’ailleurs nous allons parfois dans les restaurants de ****.»

Elle : «Ha oui, mais alors rien à voir, les chefs dont vous me parlez n’ont aucune liberté, leur cuisine est totalement formatée, d’ailleurs le dernier qui s’est essayé à faire sa propre cuisine s’est fait remercier par ****.»

Les gourmands 2.0 : «Moui c’est un avis qui peut se défendre.»

Elle : «Mais sinon vous pensez que cela correspond à votre cible ? Un billet sur ce restaurant va intéresser vos lecteurs ?»

Traduction : «Vous n’avez pas vraiment la tête de la clientèle. Vous ne le savez pas, mais les restaurants dans lesquels vous avez l’habitude de vous attabler, sont absolument médiocres. Sinon vous pensez que vos lecteurs vont apprécier de lire un billet sur un endroit aussi prestigieux ? Dites-moi sincèrement, vous ne pensez pas que notre agence s’est plantée en vous invitant ici ?».

Un échange des plus agréable, on espère d’ailleurs que vous appréciez à sa juste valeur ce billet, on aimerait transmettre à cette personne vos avis ;). Bon, vous vous en doutez, après ça, le repas est moins digeste…

Le plus triste, c’est qu’avant cette soirée, nous avions une bonne opinion de ce guide. Nous trouvions que l’organisation d’un évènement comme celui-ci permettait d’apporter une touche de fraicheur et que le guide gagnerait en notoriété avec ce type d’opération. Mais là, nous avons découvert un guide qui craint ses concurrents et qui gère ses relations extérieures d’une manière très singulière. Il est vrai que nous aurions pu ne rien publier, mais lorsque l’on va aussi loin, on mérite tout de même de savoir que l’on s’est planté.

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Les gourmands 2.0

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11 Commentaires

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    Paule mars 04, 2013

    Bien évidemment, on se demande quel est le guide qui organise ce genre de réunion !! Sûrement pas le Michelin. Et aucun d’autres, en dehors du Gault-Millau qui tente de ressusciter, n’est valable.
    Cela dit, je ne comprends pas vraiment l’expression « le taillage de guides gastronomiques ».

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    Petitefleur mars 04, 2013

    Nous, petits joueurs de restaurants  » médiocres », aux palais médiocres, ignares que nous sommes des subtilités de la grande cuisine, proclamons que la cuisine de nos grands mères et mères nous régale largement. Quelque soit le guide pour lequel ces petites gens travaillent il est bien dommage que vous ne le citiez pas, ce qui vous honore et prouve votre bonne éducation contrairement à ces gouteurs sois disant avisés. N’empêche que ce sont les petites gens comme vous et moi qui les faisons vivre en achetant leur  » guide », que chacun reste à sa place et les cochons seront bien gardés!

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    argone mars 04, 2013

    ahhh assez maladroit en effet, et j’imagine l’ambiance à table … ^ ^

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    Tang mars 04, 2013

    COmment perdre son temps, dans des opérations de com mal maitrisées. Je relaie pour le plaisir, et la suffisance rapportée!

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    Martine Perthuis mars 04, 2013

    Que de mépris!…un tel comportement est loin d’inciter à acheter des guides…d’ailleurs en quoi peut-on dire que ce sont des « experts »…tant mieux vous avez au moins profiter d’un repas dans un palace prestigieux (au vu de quelques photos ;-)..).J’aurai voulu être là…cela devait avoir un côté « jouissif » de les entendre « déblatérer »..

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    Zaza mars 04, 2013

    En tant que blogueurs, oui on aime mangé que ce soit dans un superbe restaurant ou dans un restaurant de quartier. Pour ma part j’aime découvrir divers adresses et l’estomac sur pattes que je suis ne se fait pas prier pour découvrir toutes sortes de mets.
    Les blogueurs ont la possibilité d’offrir leurs point de vue sur une adresse avec des mots simples, compréhensibles pour leurs lecteurs. Pourquoi vous avoir inviter si pour eux les membres de la blogosphère culinaire ne valent rien? Ils savent bien qu’on a la possibilité de toucher du monde avec nos articles et vous demande d’ailleurs de faire ce billet.
    C’est bien de nous avoir offert cet échange, que je vais partager sur les réseaux sociaux.
    Je trouve ça vraiment méprisable, que l’on vous est dit que vous n’aviez pas beaucoup de valeurs mais que l’on vous demande de bien vouloir donner votre avis quand même. C’est vraiment prendre les gens pour des ****.

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    Maryline mars 04, 2013

    Ca a du être un véritable fiasco sur cette table je n’ose pas imaginer l’humeur qui y a régné.

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    Bruno mars 04, 2013

    Pourquoi ne pas aller jusqu’au bout en citant le guide ? Cela permettrait de dénoncer des pratiques méprisables

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    Maryse mars 08, 2013

    Bravo Les Gourmands ! Vous nous plaisez de plus en plus et vous méritez qu’on fasse passer l’adresse de votre blog au plus grand nombre.

    Je suis tout à fait d’accord avec Petite Fleur et je ne suis pas prête d’acheter un certain guide qu’on ne citera pas. D’ailleurs nous ne sommes sans doute pas dignes de lui puisque nous aussi on aime les petites, les moyennes, les grandes tables tant qu’on y mange bien.

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    Deborah Sitbon mars 12, 2013

    Eh ben dis donc ! Je suis très surprise par cet article ! Nous n’étions pas à la même table et je dois avouer que nous n’avons pas vécu la soirée de la même façon ! Pour moi tout était parfait, je n’ai pas eu le sentiment d’être méprisée ni rien… J’ai trouvé le contact très bon et l’organisation parfaite ! J’ai apprécié avoir des rappels et je n’ai pas trouvé mal qu’on reçoive les hastags sur un petit papier….

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