E-reputation : Restaurateurs quels sont vos droits ?

La Fourchette, Food Reporter, Le guide Michelin, Trip Advisor, etc. Il ne manque pas de sites où vos clients peuvent venir parler de votre établissement. L’essor du participatif fait débat et particulièrement dans la restauration où certains responsables d’établissements s’agacent de voir des internautes baver sur la qualité de leurs plats, la qualité du service ou la décoration.

La loi « Informatique et Libertés »

Cette loi, qui date quand même de 1978, prévoit un droit d’opposition aux données transmises sur internet, droit qui ne s’applique pas à la presse. Ce droit fonctionne pour une personne qui souhaite s’opposer à la diffusion d’informations personnelles comme sa date et son lieu de naissance, son adresse ou bien encore son état de santé. Cependant le droit d’opposition n’est pas prévue pour la sphère professionnelle.

Il existe quand même un terrain judiciaire sur lequel vous pouvez éventuellement vous lancer, il s’agit de celui de la diffamation. Il peut fonctionner dans le cadre de critiques négatives vous concernant en tant que restaurateur ou bien sur votre établissement. Il faut cependant réussir à établir qu’il y a bien atteinte à votre honneur ou à votre réputation.

Les cas où l’on arrive à établir qu’il s’agit bien d’une atteinte à l’honneur ou à la réputation sont rares. Mais d’autres solutions légales et non contentieuses existent ou bien sont sur le point d’arriver.

Le droit à l’oubli

La Commission européenne a proposé un projet de réforme visant à ce que les internautes européens disposent d’un droit à l’oubli permettant de demander l’effacement de données personnelles en ligne dans le cas où elles ne sont pas gardées «pour des raisons légitimes». La complication reste d’être capable d’évaluer ce qui est légitime de ce qui ne l’est pas.

Le cas du camping espagnol «Los Alfaques» est tout à fait pertinent. Si l’on cherche ce camping sur Google, on obtient dans les premières images une série de photos qui ne donnent pas du tout envie d’aller planter sa tente pour les vacances. En effet ce sont les photos d’un incendie qui date de 1978 et qui avait provoqué le mort de plus de 200 touristes. Ces photos qui s’affichent dans les premiers résultats sont une vraie plaie pour le business de ce camping. Ils ont tenté d’obtenir en justice que Google retire ces fameuses photos.

Le camping se fondait justement sur ce fameux «droit à l’oubli» en indiquant que ces images nuisaient gravement à son commerce. Sa demande a été rejetée pour des questions de compétence territoriale. Google et les autres moteurs de recherche se justifient en expliquant qu’ils ne sont pas responsables du contenu des sites qui arrivent en premier sur les pages de résultats.

La magouille illégale

Certaines agences peu scrupuleuses proposent de produire des commentaires en ligne en votre faveur ou en défaveur de vos concurrents. Cette solution, en plus d’être illégale, n’est pas franchement fiable et vous risquez surtout de vous faire pincer par certains internautes qui se feront un plaisir de vous dénoncer partout sur la toile.

L’adoption des nouveaux outils

Si l’on reprend l’exemple du camping «Los Alfaques», si ce camping rencontre ce problème aujourd’hui c’est surtout parce qu’il n’a pas vraiment de présence web. S’attaquer à Google c’est une solution mais il pourrait plutôt se servir de cet outil.

En effet en fabriquant du contenu vous même, avec un blog, un compte Facebook ou Twitter, c’est votre contenu qui va remonter dans les résultats de Google. Vous pouvez aussi aller vers les bloggueurs, les inviter à une dégustation pour les inciter à faire un billet, encourager les internautes à échanger avec vous, etc.

La conclusion de ce billet est que si vous ne voulez pas que l’on parle à votre place, prenez la parole. D’ailleurs si le sujet vous intéresse et que vous souhaitez creuser un peu plus. Vous pouvez consulter cet article «Les 10 commandements des restaurateurs sur Facebook».

email
Les gourmands 2.0

Cet article vous plaît ? N'hésitez pas à le partager à vos amis ! Si ce n'est pas déjà le cas, rejoignez-nous sur notre page Facebook et notre compte Twitter pour ne rater aucune de nos actualités gourmandes.

2 Commentaires

  1. Avatar

    Merci pour cet article.
    Le cas du camping que vous cité est affligeant: s’attaquer à Google pour ce genre de question montre surtout que le camping a été très mal conseillé.
    Google est un outil qui se contente de présenter les résultats et n’est en rien responsable de cette situation. Dans le cas présent, il faut:
    -obtenir le suppression/désindexation des liens (sur le site et non sur Google) les plus puissants dans Google qui hébergent les photos;
    -être proactif sur le web afin de référencer des photos et du contenu à jour, donnant envie d’aller dans ce camping.
    Fabrice Ivara
    Co-fondateur de Reputation Squad

    Reply

Laisser un commentaire

Your email address will not be published. Required fields are marked *